Europalia : Le grand Atelier -

chemins de l’art en Europe

 

Pour célébrer les 50 ans du Traité de Rome, Europalia a décidé de rendre cette année hommage à l’Europe. Au cours des siècles, le foisonnement et l’échange des idées, le rayonnement des sciences et des arts ont entre autres permis le développement d’une identité culturelle européenne. Cette culture se nourrit de nombreuses influences, qu’elles soient byzantines, barbares, mauresques, italiennes, slaves ou encore orientales.

Le Grand Atelier nous permet de suivre entre le Ve et le XVIIIe siècle le trajet parcouru par des artistes plus ou moins connus, leurs idées, leurs œuvres et leurs commanditaires. L’exposition présente quelque 350 œuvres, manuscrits, ivoires, pièces d’orfèvrerie, dessins, sculptures, textiles, tableaux issus d’environ 150 collections européennes différentes. L’exposition se divise selon 14 espaces illustrant chacun un phénomène artistique typiquement européen. 

Au départ, la religion joue un rôle fondamental dans la constitution de l’Europe. Dès le Ve siècle, le christianisme se développe et propose une vision nouvelle de l’homme et du monde. Celle-ci sera véhiculée par les livres et surtout les images. Comme la statuaire romaine imprégnée de paganisme suscite la méfiance, c’est de Byzance que proviennent les figures hiératiques sur fond d’or.

Au IXe siècle, sous Charlemagne, les moines recopient des textes de la Bible, tout en ornant ceux-ci de superbes enluminures. Ils s’attèlent aussi aux manuscrits d’auteurs grecs et latins faisant revivre déjà bien avant la Renaissance la culture antique.

C’est au XIIIe que les villes foisonnent. Avec elles se développent les voies commerciales permettant non seulement l’échange des produits les plus divers, mais aussi les influences artistiques. Banquiers, hommes d’affaire, savants et artistes circulent à travers toute l’Europe. Les peintres découvrent sur les marchés de nouveaux pigments. Le bleu outremer ornant la robe des Vierges est par exemple issu des montagnes de l’Afghanistan. L’Eglise, malgré la menace qu’il représente s’intéresse à l’Empire ottoman dont les objets et les matériaux raffinés circulent dans nos contrées.Avec l’invention de l’imprimerie, l’échange s’accélèrera, les modèles artistiques pouvant s’exporter soit  par les feuilles de copie, soit par les estampes.

A partir du XVIIe siècle, la plupart des collectionneurs constituent des cabinets rassemblant de nombreux tableaux et pièces de collection. Ceux-ci sont représentés dans de magnifiques tableaux de différents peintres d’Europe et regroupés dans la dernière salle. Ils clôturent parfaitement l’exposition avec quelques représentations de galeries d’art, nous montrant la place prépondérante qu’est parvenu à occuper l’art dans notre civilisation européenne.

Nathalie Burton, professeur