EXPO DA VINCI

C’est un voyage dans le temps et dans l’espace que nous propose la fort belle exposition « Da Vinci - the European Genius » qui se déroule actuellement à Bruxelles et ce jusqu’au 15 mars 2008.

Pourquoi Léonard de Vinci et pourquoi à Bruxelles? Parce que comme le dit l’introduction du catalogue de l’exposition « Léonard de Vinci, incarnation du génie européen méritait tout naturellement d’occuper une place prépondérante dans le cadre des commémorations des 50 ans de l’Europe ».

Loin de la polémique qui a entouré le personnage de Léonard de Vinci dont une des oeuvres, il y a quelques années a servi de fil conducteur à un roman à succès, c’est une présentation dense mais complète de la vie et de l’oeuvre qui est montrée au visiteur.

L’exposition se décline en 4 parties, chacune consacrée à une facette du génie. L’homme, l’artiste, l’ingénieur, et l’humaniste.

L’homme « Ne pas estimer la vie, toute la vie, ce n’est pas la mériter » (Léonard de Vinci).

La première partie nous invite à mettre nos pas dans ceux de Léonard. Nous le croisons enfant, durant son apprentissage dans l’atelier de Verrocchio à Florence, au cours de son séjour à Milan au service de Ludovic Sforza, où il étudie l’architecture et se passionne pour la représentation de cités idéales, il voyage beaucoup, séjourne à Rome mais ne participe pas au plan artistique du Vatican, confié à Michel-Ange et Raphaël. Il termine sa vie en France, accueilli par le jeune roi François ler, au Clos Lucé à Amboise, où il meurt après trois années d’un travail fécond et varié.

La deuxième facette s’intéresse à l’oeuvre artistique de Léonard de Vinci. « Le peintre, dit Léonard, doit s’efforcer d’être universel ». Il s’intéresse à beaucoup de domaines dont la sculpture : il tente de réaliser une statue gigantesque en bronze. Les nombreux croquis préparatoires montrent que l’artiste avait également réfléchi à la faisabilité technique de pareille oeuvre. Il écrit une histoire de la peinture, et réalise plusieurs oeuvres majeures qui font la fierté de grands musées internationaux. La Belgique peut être fière également. Dans un bâtiment de l’abbaye de Tongerloo, se trouve une copie, faite quelques années plus tard, mais sur les cartons de Léonard de Vinci de la Cène conservée dans le réfectoire du couvent Santa Maria delle Grazie à Milan. Les restaurateurs de la fresque milanaise, sont venus à Tongerloo pour en saisir les secrets de fabrication. Une analyse faite par différents spécialistes de certaines oeuvres importantes est également proposée.

C’est par une fort belle mise en scène que le visiteur est amené à entrer dans la dimension de l’ingénieur
« Etudie la science de l’Art et l’Art de la science ».

Léonard a certes emprunté à ses prédécesseurs mais ce qui frappe c’est l’étendue des domaines qu’il a abordés et le côté parfois tellement « moderne » de ses réalisations. Il est vrai que cette partie de l’exposition est fort visuelle puisqu’elle présente de nombreuses maquettes de ses différentes inventions : pont tournant, char d’assaut, parachute, hélicoptère pour ne parler que des plus célèbres mais on se rend compte qu’il a observé et a voulu parfois tout simplement faciliter le travail de ses contemporains... Fascinants aussi les dessins minutieux de ces inventions : chaque dent d’engrenage, chaque détail est ainsi représenté sur le papier

La dernière partie enfin, sorte de synthèse, nous présente l’humaniste Léonard de Vinci. « Ce que j’ai cherché toute ma vie, c’est à comprendre le mystère de la nature humaine ». C’est en effet l’homme et ses préoccupations qu’il met au centre de sa pensée. En cherchant à comprendre comment il fonctionne, en pratiquant des dissections de cadavres, plus que n’importe quel médecin reconnu à l’époque, il dessine de façon fort précise articulations et crânes pour pouvoir les représenter en peinture. Soucieux de la propagation de la peste à Milan en 1485, il imagine un double système d’adduction et d’évacuation des eaux usées.

C’est une exposition fort intéressante qui ravira grands et petits et où curieux de l’art, de la mécanique ou tout simplement de l’homme feront le plein de découvertes. Un signe qui ne trompe pas ; nos élèves de deuxième l’ont déjà vue ou la visiteront dans le cadre de leur cours de technologie.

Catherine Jenard, professeur de latin